Blog de BRUNO ASSERAY


Point PRESSE

Publié dans Uncategorized par brunoasseray sur le août 1, 2008

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11 réponses vers 'Point PRESSE'

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  1. Thierry DELAMARE a dit,

    Article de Patrick Roger paru dans LE MONDE édition du 31.07.08

    François Bayrou persévère dans son rôle d’opposant

    Nombreux sont ceux qui, après l’élection présidentielle de 2007, avaient prédit la “mort politique” de François Bayrou. Le président du Mouvement démocrate (MoDem) a été abandonné par la plupart de ses élus, pris en tenaille lors des élections municipales et “ciblé” par l’Elysée, qui n’a eu de cesse de l’isoler. Il reste pourtant, selon toutes les enquêtes réalisées depuis un an, une des figures les plus populaires aux yeux de l’opinion et sa voix, aussi isolée soit-elle dans l’Hémicycle du Palais-Bourbon, continue à se faire entendre avec force.
    Ainsi le député des Pyrénées-Atlantiques a-t-il été le plus prompt à réagir à la décision du tribunal arbitral en faveur de Bernard Tapie, contribuant ainsi à en faire émerger les enjeux politiques. “Ce qui m’étonne, c’est l’étrange fascination qu’exerce Sarkozy sur une partie de la gauche elle-même, qui semble comme tétanisée, juge-t-il. Mais imaginez ce qu’aurait dit la droite française si c’était Mitterrand qui avait agi ainsi avec Tapie !”
    “ACTIVISME DÉMOCRATE”
    Le moins paradoxal n’est pas que l’ancien dirigeant de la droite centriste soit ainsi identifié comme un des opposants les plus actifs au pouvoir incarné par Nicolas Sarkozy. “Les raisons pour lesquelles j’avais indiqué que je ne voterais pas pour Nicolas Sarkozy, qui reposaient sur un conflit de valeurs et non des antagonismes de personnes comme on a voulu le faire croire, ne peuvent plus aujourd’hui être ignorées par personne”, affirme M. Bayrou. “Il y a aujourd’hui très peu de gens qui résistent à cette réalité, admet le président du MoDem. Les syndicats ont été désarmés, mis à terre et moqués. Et il ne faut pas oublier que beaucoup de gens ont peur. C’est pourquoi j’ai un devoir de rassemblement pour construire une opposition démocratique et républicaine.”
    Depuis quelques semaines, des figures venues d’horizons divers prennent ou reprennent contact avec l’ancien candidat à l’élection présidentielle afin de rejoindre des cercles de réflexion qui ont été réactivés. “Vous êtes le seul à avoir dit depuis le premier jour ce qui se passe à présent, et on ne voulait pas vous croire”, lui confiait, à Versailles, lors de la réunion du Congrès, un sénateur de la majorité.
    Le MoDem, créé à Villepinte à l’automne 2007, a réussi, non sans essuyer de nouvelles pertes, à franchir l’écueil des élections municipales – où ses listes ont recueilli en moyenne 15 % des suffrages là où elles étaient présentes – et à faire émerger une génération militante. Celle-ci, tournant le dos aux pratiques d’une UDF “parti de notables”, entend s’approprier “une nouvelle manière de faire de la politique”. Les réseaux constitués à l’occasion de la campagne présidentielle continuent à fonctionner et la “blogosphère” démocrate est en activité permanente. Plus nouveau, on a vu récemment, à l’occasion de mobilisations sur le droit au logement, les droits civiques ou les droits des résidents étrangers, se développer une forme d’”activisme démocrate”.
    M. Bayrou lui-même n’est pas en reste et se fait un devoir d’alerter sur les “graves dérives” qui, selon lui, menacent les droits élémentaires des citoyens. Ainsi entend-il prendre sa part pour obtenir le retrait du fichier Edvige, issu de la réforme du renseignement et reprenant une partie de l’ancien fichier des RG. Edvige recense ainsi des données informatisées non seulement sur les mineurs de 13 ans mais sur les élus politiques, candidats aux élections, responsables politiques, syndicaux ou religieux. “Où va-t-on ?, s’indigne le président du MoDem. Quel régime est-on en train de mettre en place ? Quelle société est-on en train de construire ?”
    “Jamais personne n’avait entraîné la France là où Nicolas Sarkozy l’entraîne aujourd’hui, affirme M. Bayrou. Il transgresse tout ce qui était l’essentiel du consensus républicain.” Cette stature d’opposant résolu, il va lui falloir à présent l’appuyer sur un mouvement qui peine cependant à se structurer. Les sites de la blogosphère relaient les multiples impatiences des adhérents démocrates déçus ou frustrés de ne pouvoir s’impliquer de manière plus active.
    La première université du MoDem, du 5 au 7 septembre, au Cap Esterel, devrait être l’occasion de vérifier la vitalité du mouvement mais aussi de franchir un pas supplémentaire dans son organisation. Viendra ensuite ce qui constituera pour lui une échéance majeure : les élections européennes de juin 2009, à l’occasion desquelles M. Bayrou annonce d’ores et déjà des “surprises”.

    Patrick Roger

  2. Thierry DELAMARE a dit,

    Article de Luc Vinogradoff paru dans LEMONDE.FR le 31/07/08

    La fronde contre le fichier Edvige gagne les politiques

    Un mois après sa création, le fichier de police Edvige (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale), qui compile les données sur les personnes de plus de 13 ans “susceptibles de porter atteinte à l’ordre public”, ainsi que sur toute personne exerçant un rôle “politique, économique, social ou religieux significatif”, suscite toujours autant de réactions. Après les recours déposés devant le Conseil d’Etat par un collectif d’associations et de syndicats (Ligue des droits de l’homme, Amnesty International, CGT, FSU, FO, CFDT) afin d’obtenir l’annulation de ce fichier, plusieurs personnalités politiques se saisissent de l’affaire.
    Etienne Tête, adjoint au maire de Lyon et conseiller régional Vert en Rhône-Alpes, a décidé de déposer un recours devant le Conseil d’Etat pour “traduire l’inquiétude politique en termes juridiques”. “Ce qui me scandalise, c’est que l’on puisse ficher tout le monde, ce n’est pas un fichier pour la sécurité publique”, a lancé l’élu lyonnais, dont le recours se fonde en grande partie sur la Convention européenne des droits de l’homme et un arrêt rendu en 2006 par la Cour européenne des droits de l’homme contre la Suède.
    Corinne Lepage, vice-présidente du MoDem, a déposé, jeudi 31 juillet, son propre recours devant le Conseil d’Etat pour annuler le décret qui a abouti à la création de ce fichier. Le recours de Mme Lepage vise plus particulièrement le “fichage des élus et responsables politiques”, une évolution qui “porte atteinte gravement aux libertés publiques et [qui ne peut] en toute hypothèse pas être instaurée par décret mais par la loi”.

    Mme Lepage contredit en outre les affirmations du ministère de l’intérieur selon lesquelles les informations qui figureront dans le fichier étaient déjà susceptibles d’être recueillies par les Renseignements généraux (RG). La création d’Edvige est une conséquence de la fusion de la DST (direction de la surveillance du territoire) et des RG, actée le 1er juillet. Pour Mme Lepage, d’une “pratique des RG” qui était “artisanale” et déjà largement contestée, on passe à “échelle industrielle” incompatible avec une société démocratique.

    Tout recours devant le Conseil d’Etat doit être déposé au maximum deux mois et deux jours après la parution du décret au Journal officiel, à savoir le 29 août. Corinne Lepage confirme être en contact avec d’autres associations ayant déjà effectué la même démarche, et n’écarte pas l’idée d’une “défense collective” lorsque les actions seront instruites.
    Un autre fichier, nommé Cristina (Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux), également issu de la fusion des Renseignements généraux, a été créé parallèlement à Edvige. Issu des données de la DST, Cristina, qui contient des données personnelles sur les personnes fichées et leur entourage, est classé “secret-défense” et n’est pas soumis à la vigilance de la Commission nationale de l’informatique et des libertés.
    Sentant que la fronde contre Edvige prenait de l’ampleur (une pétition mise en ligne depuis le 10 juillet a recueilli plus de 60 000 signatures), le ministère de l’intérieur a indiqué qu’il était prêt à consulter la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) “très en amont” pour toute nouvelle création de fichiers de police. Dans une lettre envoyée à la Halde, qui demandait des “précisions” sur Edvige, Michèle Alliot-Marie a proposé qu’une convention qui doit être signée dans les prochains jours entre les deux parties soit “enrichie par l’intégration d’une semblable perspective”.
    Luc Vinogradoff

  3. Claude lacassagne a dit,

    Article paru dans SUD-OUEST le 04/09/08

    MODEM. –François Bayrou revendique un « droit d’alerte » et réitère son souhait de rassembler les Français à la veille de l’université de rentrée de son parti

    François Bayrou : « Ce pouvoir est injuste »:Propos recueillis par Jean-Pierre Deroudille

    François Bayrou. Les décisions prises « vont à l’encontre des principes qui me paraissent ceux d’un État de droit et d’une société juste »
    ph. archives G. B.

    « Sud Ouest ». Vous êtes l’un des opposants les plus résolus à la politique de Nicolas Sarkozy ?
    François Bayrou. Les décisions prises depuis quelques semaines vont à l’encontre de principes qui avaient été pourtant mis en avant. D’abord, on crée de nouveaux impôts qui vont frapper les classes moyennes et épargner les plus riches. Puis, il y a eu l’affaire Tapie. Ensuite, on s’apprête à ficher tous les élus français, et, enfin, on prend des décisions d’humeur et d’arbitraire à l’encontre du coordinateur de la sécurité en Corse. Tout cela va à l’encontre des principes qui me paraissent ceux d’un État de droit et d’une société juste.

    L’opposition socialiste a l’air inaudible ?
    Il est vrai que la gauche est occupée par ses problèmes internes et qu’on l’entend moins. Pour ma part, je prends mes responsabilités.

    Quel est ce fichier Edvige contre lequel vous êtes parti en guerre ?
    Voilà un décret qui paraît le 1er juillet – on fait toujours ces choses-là dans le silence de l’été. Des associations se mobilisent en premier sur le contrôle par ce fichier de délinquants mineurs. Mais en lisant le décret, on s’aperçoit que la recherche d’informations sur les délinquants ne vient qu’au second rang. Le premier objet de ce fichier est en fait de collecter les données personnelles de tous les élus français, de toutes les personnes qui se sont présentées à une élection, de tous les responsables économiques, sociaux ou religieux. Ce fichier comporterait toutes leurs coordonnées, signes particuliers, patrimoine, dossier fiscal, relations, santé ou vie sexuelle ! Est-ce que l’on se rend compte de la société que tout cela prépare ?

    À propos du financement du RSA, va-il appauvrir les classes moyennes ?
    Les foyers disposant d’une assurance-vie et d’un appartement vont en être les principales cibles. Cela fait au moins 15 millions de foyers français à qui on va prélever 100 euros en moyenne. Mais, fait extraordinaire, c’est que les 300 000 foyers les plus fortunés en seront exonérés au titre du bouclier fiscal. On cible les patrimoines moyens et on épargne les plus fortunés. C’est une politique qui va à l’encontre de la justice.

    Selon vous, Bernard Tapie a eu droit à davantage d’égards ?
    On lui a attribué une somme de 400 millions d’euros malgré une décision de justice contraire. C’est l’équivalent de six mois de franchise médicale payés par la totalité des 60 millions d’assurés sociaux français. Toutes dettes payées, cela en fera l’un des hommes les plus riches de France avec l’argent du contribuable. Cette décision est apparue à la commission des finances de l’Assemblée nationale contraire à toutes les règles de droit. De surcroît, elle est infondée, parce que M. Tapie avait déjà reçu un bénéfice élevé sur la vente d’Adidas, qu’il a lui-même voulue, au prix qu’il a lui-même fixé ! C’est une des plus grosses spoliations d’argent public de l’histoire. Dans une démocratie normale, on ne peut pas l’accepter.

    Face à tout cela, que faites-vous sinon le dénoncer ?
    Rassembler les Français. Ce sont eux qui auront entre les mains les instruments de la décision. On ne peut pas accepter ces dérives sans rien dire. Je suis donc dans le rôle de responsable public qui est le mien avec deux obligations que nous allons reprendre au cours de notre université de rentrée : le devoir d’alerte et le devoir d’alternative. Les Français doivent savoir qu’un jour, ils pourront imposer les changements nécessaires. En effet, les Français sont très éloignés de penser que le socialisme est l’avenir de la France, et ils ne veulent pas non plus de ce capitalisme injuste et de ces abus de pouvoir. Ce qu’ils chercheront, c’est très simple et très calme, c’est une société humaniste défendue par les grands mouvements démocrates dans le monde.

    Serez-vous candidat en 2010 aux élections régionales ?
    2010 !… On ne connaît même pas l’organisation future des collectivités locales. Vous savez que j’ai fait depuis longtemps une proposition de fusion des Départements et des Régions, laissons se décanter tout cela. Je suis enraciné dans les Pyrénées et à Pau. Et j’assume une responsabilité nationale, et je le fais pleinement.

    04/09/2008. Cet article est extrait du site http://www.sudouest.com
    Droits de reproduction et de diffusion réservés.
    Copyright Sud Ouest 2003.

  4. Démocrates Girondins a dit,

    Point de vue
    Bernard Tapie ou l’abaissement de l’Etat, par François Bayrou
    LE MONDE | 25.07.08 | 09h13 • Mis à jour le 04.09.08 | 15h16

    Est-ce au contribuable français qu’il revient de payer les dettes d’un particulier qui équivalent au déficit
    des hôpitaux publics ?

    Après la décision du tribunal arbitral donnant raison à Bernard Tapie contre l’Etat, François Bayrou a dénoncé “la collusion entre Nicolas Sarkozy et Bernard Tapie”. Interrogé dans Le Monde du 22 juillet, Bernard Tapie avait rétorqué : “Bayrou, la seule chose qu’il sait faire, c’est répéter qu’il est un martyr, que les médias et les puissances d’argent ne l’aiment pas, que tout le monde est à mettre dans le même sac et qu’il se battra seul contre tous. C’est la même posture populiste que Le Pen, sans les idées. Du Le Pen propre”.

    Les insultes proférées par M. Tapie à mon encontre (on comprend bien pourquoi) ne changeront rien aux dix affirmations suivantes, qui permettront à chacun de se faire une opinion.

    1) Si M. Tapie a gain de cause, c’est le contribuable qui va payer. Le CDR (consortium de réalisation), structure destinée à liquider les actifs douteux du Crédit lyonnais, dont la quasi-totalité des activités ont cessé au 31 décembre 2006, n’a aucune autonomie financière. Son financement est assuré par l’EPFR (établissement public de financement et de restructuration), alimenté par les crédits budgétaires de l’Etat, donc par le contribuable.

    2) Il n’y a pas eu de décision de justice. C’est une décision politique. La procédure d’arbitrage est une procédure privée destinée au monde des affaires. Qand les intérêts de l’Etat et du contribuable sont en jeu, c’est un principe absolu du droit que l’arbitrage est interdit; seules les juridictions instaurées par la loi sont compétentes.

    3) Les principes de l’Etat de droit sont foulés aux pieds. C’est par crainte de décisions de justice défavorables à M.Tapie que le sommet de l’Etat a imposé une telle procédure d’arbitrage, sans appel possible. La seule décision favorable à M.Tapie a été cassée en des termes d’une dureté inhabituelle par la Cour de cassation, plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français, réunie exceptionnellement en formation plénière, sous la présidence de son premier président. Que l’Etat ait pu décider de renoncer à un tel avantage juridique et moral est sans précédent. Il faut noter qu’un autre principe général du droit est mis en cause : il ne peut y avoir de justice que contradictoire, or M. Tapie a été entendu, mais pas ses contradicteurs, ni Jean Peyrelevade qui a redressé le Crédit lyonnais, ni Jean-Pierre Aubert, président du CDR, jusqu’à la clôture de ses activités.

    4) Dans la vente d’Adidas, M. Tapie n’a pas été perdant, il a été gagnant. D’ailleurs, c’est lui-même qui a fixé le prix de vente. Adidas a été acheté en 1990 avec un prêt à court terme de 1,6milliard de francs, à échéance en 1992. A cette date, l’entreprise mal gérée est en situation dramatique. Ne pouvant assurer son échéance, M. Tapie, ancien et bientôt nouveau ministre de la ville, décide alors de la vendre. Il cherche à en obtenir 2 milliards de francs mais l’acheteur (Pentland), découvrant l’étendue des dégâts, retire son offre. C’est alors que M. Tapie donne mandat à la banque de vendre l’entreprise, pour une somme d’un peu plus de 2 milliards de francs qu’il a lui-même fixée. Opération qui lui rapportera au total, si l’on en croit une expertise et une ordonnance judiciaire de l’époque, la somme de 200 millions de francs.

    5) L’Etat va prendre à sa charge les dettes de M. Tapie. Contrairement à ce qui est répété en boucle, l’Etat ne va rien récupérer de ses créances. C’est lui qui va payer pour les dettes du groupe Tapie, totalement extérieures à l’affaire Adidas, et qui n’ont jamais été honorées. En particulier, le groupe de M.Tapie a depuis des années des millions de dettes fiscales et sociales vis-à-vis de l’Etat et de l’Urssaf. “Qui paye ses dettes s’enrichit.” Ici, c’est l’Etat qui paye les dettes de M. Tapie et celui-ci qui s’enrichit.

    6) 285 millions d’euros, c’est l’équivalent de la totalité des salaires annuels des 11000 postes d’enseignants supprimés cette année. C’est une somme tellement astronomique que le citoyen ne peut pas s’en faire une idée. Traduite en salaires d’enseignant, c’est plus de 11000 postes à l’année. Si on y adjoint les intérêts, on atteint 400millions, cela représente une somme suffisante pour effacer l’essentiel du déficit des hôpitaux publics du pays.

    7) 45millions pour “préjudice moral”, c’est une insulte. A l’intérieur de cette addition, les 45 millions d’euros pour “préjudice moral” (le mot ne manque pas de sel) sont une insulte pour le citoyen. Quelques comparaisons pour en prendre la mesure : cette somme est l’équivalent de 4000 années de travail au smic. Et l’indemnité moyenne pour une veuve après la mort d’un conjoint victime de l’amiante est de 45000euros, soit mille fois moins.

    8 ) Tout était fait pour que l’affaire passe inaperçue. La décision d’arbitrage, dont le principe avait été décidé en catimini, largement orientée à l’avance par des montants d’indemnisation définis noir sur blanc, a été annoncée à un moment bien choisi : le vendredi soir ouvrant le week-end du 14 juillet à 17h30, pour que toutes les procédures soient entérinées avant le 15 août.

    9) Pendant ce temps, on pressure les pauvres gens jusqu’au dernier centime. On va supprimer les allocations aux chômeurs qui refuseront un emploi trop éloigné de chez eux ou sous-payé. Je connais une jeune femme qui a été contrainte de rembourser une année de RMI parce qu’elle avait fait quelques heures de ménage sans les déclarer. Les faibles sont sans défense, mais le pouvoir enrichit avec complaisance ses affidés.

    10) Le problème, ce n’est pas M. Tapie, c’est l’Etat et ceux qui sont à sa tête. Il y a toujours eu, il y aura toujours, des aventuriers qui se jouent des banques, du fisc, de la loi. Mais en principe l’Etat est là pour faire respecter les règles de droit et l’argent public. Ici, au contraire par le fait du prince, parce qu’il s’agit de soutiens ou de complices dans un certain nombre d’opérations politiques, passées, présentes ou à venir, l’Etat protège et enrichit ceux qui se moquent de sa loi. Le message est clair : sous ce régime, “qui n’est pas avec moi est contre moi”, et qui est avec moi est protégé et peut sabler le champagne. L’affaire Tapie donne la mesure de l’abaissement de l’Etat.

    François Bayrou
    Président du MoDem

  5. Sylvie Robin a dit,

    ‘La Démocratie est en danger’. Nous le constatons tous les jours. En voici encore un exemple

    Paris, le 4 septembre 2008

    Par dépêche AFP, les statisticiens publics ont appris hier que le Président de la République avait décidé leur délocalisation à Metz.

    Cette décision a été prise pendant l’été, sans aucune concertation et en ignorant complètement l’organisation et la dynamique de la statistique publique (direction générale de l’Insee, établissements régionaux, services statistiques des ministères).

    Nous constatons ainsi un total mépris des personnels et de la réalisation de statistiques et d’études de qualité. M. Sarkozy ne s’est pas gêné pour critiquer régulièrement de façon démagogique des résultats statistiques qui ne venaient pas illustrer son discours politique. Il a même licencié le précédent directeur de l’Insee, auquel il s’était opposé lors de son passage au ministère des Finances. A présent, c’est un nouveau coup que M. Sarkozy souhaite porter à la statistique publique qui informe en toute impartialité sur les réalités du pays.

    En effet, la délocalisation rapide et massive d’emplois annoncée, ne peut que déstabiliser le système statistique public et affaiblir la qualité de l’information statistique publique produite. Cela favorisera encore une pratique politique de décisions qui repose sur le fait du prince et non sur des informations objectives.

    Le Directeur Général de l’Insee et M. Duport, vice-président du Cnis (Conseil National de l’Information Statistique), ont accepté de remettre un rapport au gouvernement avant la fin de l’année. Ce dernier devra « préciser ce que pourraient être les contours d’un pôle messin qui préserve au mieux les intérêts de la statistique publique ».

    Cette mission a clairement pour objet de mettre en œuvre la décision de délocalisations qui n’a aucunement pour but d’améliorer la statistique publique.

    Les syndicats de la statistique publique sont déterminés à lutter pour préserver la qualité d’une statistique publique forte au plan national régional et local, l’un des piliers d’une vraie démocratie.

  6. Sylvie Robin a dit,

    Journal sud-ouest du 15 octobre 2008
    LE BOUSCAT, CONSEIL MUNICIPAL.
    Depuis hier soir, de Poncheville n’est plus adjointe. Son groupe a claqué la porte pendant la séance.

    La rupture définitive

    Les cinq élus Bousc’avenir n’ont pas participé au vote sur le maintien du poste d’adjoint, ils avaient quitté la séance

    Electrique, l’ambiance l’était déjà. L’orage qui couvait dans la majorité municipale depuis six mois a finalement éclaté hier soir, mais fut de courte durée.

    Suite à la décision du maire de retirer les délégations des élus MoDem du groupe Bousc’avenir mardi dernier, un conseil municipal était convoqué hier soir. À l’ordre du jour : le maintien ou non de Véronique de Poncheville dans son poste d’adjoint à l’urbanisme et au développement durable. Une procédure réglementaire dans ce cas de figure.

    Avant même le début de séance, les élus du groupe Bousc’avenir, qui siégeaient jusque-là dans la majorité, ont changé de place. De nombreux militants de leur camp sont dans le public.
    Décision « irrémédiable ».

    « En mars dernier, j’ai constitué une liste de rassemblement de la droite républicaine au centre, expose le maire Patrick Bobet. En retour, j’ai demandé à l’ensemble des élus de ma majorité loyauté et confiance. Mais elle a été irrémédiablement et totalement perdue de la part de cinq élus [...]. Ces faits sont gravissimes. » Et de revenir sur les raisons qui l’ont poussé à prendre cette décision : « accusations » du groupe Bousc’avenir sur le marché de l’éclairage public, « votes contradictoires » par rapport à la majorité et distribution de tracts « mensongers » de ces mêmes élus.

    « En clair, dans la vie démocratique du Bouscat, les élus n’ont pas le droit de voter en leur âme et conscience, lui répond Véronique de Poncheville. Vous avez une curieuse conception de la démocratie et du respect des électeurs. Vous embarquez de nouvelles voix et, après les élections, vous les jetez par-dessus bord ! » Et elle aussi de revenir sur le positionnement de son groupe depuis les élections de mars (nos précédentes éditions). « Devant votre échec à fédérer différentes sensibilités autour d’un projet commun et votre total mépris du vote exprimé par les Bouscatais, je refuse de participer à ce simulacre de démocratie », tranche-t-elle. Elle quitte la salle. Les quatre élus de son groupe la suivent, les militants MoDem aussi.

    Devant leurs chaises vides, le maire répond aux accusations. « Les voix des électeurs sont là et je n’y vois pas de problème. Nous nous emploierons pendant les six années à venir à appliquer ce programme commun. » Plusieurs élus de la majorité prennent la parole pour le soutenir.

    Appel de la gauche plurielle.

    « Ce passage du MoDem dans l’opposition est les prémices d’un rassemblement aux couleurs arc-en-ciel contre l’UMP en 2012, comme l’a souhaité Julien Dray », relève Michel Vincent, chef de file de l’opposition gauche plurielle. Tollé dans la majorité. « Le maire n’est pas contre le MoDem mais un groupuscule. Il y a des élus dans ma majorité qui resteront MoDem. Je suis avant tout le maire d’une ville avant d’être un maire UMP », s’irrite Patrick Bobet. « La politique municipale n’est pas séparée de la politique nationale », renchérit Michel Vincent.

    Le vote à bulletins secrets est sans appel. Le maintien de Véronique de Poncheville est rejeté par les 24 élus de la majorité présents. Dans l’opposition, deux élus ont voté blanc, les quatre autres se sont abstenus. Les cinq élus Bousc’avenir n’ont pas participé au vote. Ils se réunissaient pendant ce temps à l’Ermitage avec les militants MoDem, dont la fédération départementale a une nouvelle fois condamné hier soir le choix du maire du Bouscat. Un nouvel adjoint doit être élu mercredi prochain. S’ils ont claqué la porte du conseil municipal hier, les élus Bousc’avenir seront présents à cette prochaine séance. Dans les rangs de l’opposition.

    Auteur : Laurie Bosdecher

  7. del Rey Marie-José a dit,

    Le traditionnel clivage “gauche-droite”
    vient de voler en éclats grâce à de courageux élus du Modem, qui ont préféré claquer la porte plutôt que de vendre leur âme au diable !

    Qu’il va être laborieux pour nos élus de faire admettre cette nouvelle donne, surtout par la classe politique ! Il paraît à peine croyable que d’autres élus du conseil municipal aient pu assimiler le fait de “voter en son âme et conscience” avec une volonté affichée de passer dans l’opposition. Il faudra pourtant finir par comprendre qu’un élu du Modem ne vote pas par docilité envers un groupe plutôt qu’un autre. Il vote uniquement, en toute indépendance et en toute honnêteté, pour ce qui lui semble juste, éthique et constructif.

    Quelle belle exemplarité démocratique ! Véronique, Bruno, Luc et les autres, nous sommes de tout coeur et en notre âme et conscience pleinement avec vous !

  8. Thierry Delamare a dit,

    François Bayrou veut défendre “ceux qui souffrent de la crise”
    LE MONDE | 24.10.08 LILLE (NORD) ENVOYÉ SPÉCIAL

    François Bayrou pense avoir traversé la période la plus “aride” après la présidentielle. Un an et demi a passé, et le voilà reparti en campagne. Le président du Mouvement démocrate (MoDem) applique les mêmes recettes : en déplacement “sur le terrain”, rencontres avec des élus, des représentants d’associations, des salariés, sans oublier la presse régionale. Il effectuait une première étape dans l’agglomération lilloise, les 22 et 23 octobre.
    L’ancien candidat à l’élection présidentielle ne pâtit pas de son isolement sur le champ politique. Sa popularité restée intacte est surprenante. Les passants le saluent, l’encouragent. Les chauffeurs s’arrêtent, le hèlent. Lui traverse la rue pour engager la conversation. “Les gens sont encore plus ouverts quand ils savent que vous n’êtes pas là pour leur “vendre” quelque chose”, explique-t-il.
    Ce déplacement était aussi pour M. Bayrou l’occasion de tirer quelques premiers enseignements de la crise. S’il donne acte à Nicolas Sarkozy d’avoir été “assez juste” dans la conduite de la présidence européenne, il n’en demeure pas moins “en opposition sur le fond”.
    “Sarkozy a dit tout et son contraire, chaque fois avec la même sincérité, note-t-il. Son modèle, c’est le capitalisme et la mondialisation. Ce modèle est aujourd’hui gravement lézardé. Je ne crois pas à la distinction entre un capitalisme financier et un capitalisme vertueux. Ce qui caractérise ce système, c’est la croissance des inégalités. Moi, mon modèle, c’est l’humanisme et la justice.”
    Pour le président du MoDem, “nous sommes entrés dans un cycle où la crise financière entraîne crise économique, crise sociale et crise politique”. “Je veux être aux côtés de ceux qui souffrent de la crise, ajoute-t-il. Deux questions sont dans la tête de tous les gens. Tous ces milliards, d’où ils sortent, qui va payer ? Alors que pour les banques il n’y a pas de limites, pour nous il n’y a rien, de plus en plus rien. On ne peut plus se contenter de dire “nada” aux demandes profondes de la société. La crise provoque une obligation nouvelle de la part des pouvoirs publics. Qu’est-ce que c’est qu’une société où on considère que les banques sont plus précieuses que les gens ?”
    Pendant plusieurs heures, jeudi matin, François Bayrou a arpenté un hypermarché de la banlieue lilloise. Il a longuement échangé avec les salariés et réaffirmé à cette occasion son opposition “totale” à la généralisation du travail du dimanche. “Personne ne peut imaginer un instant que ça restera volontaire, s’insurge-t-il. Le gouvernement publie des sondages pour faire croire que les Français sont d’accord. Je ne suis pas d’accord et je me battrai contre, parce que c’est mon devoir de me battre pour la défense des plus faibles et je pense qu’une femme seule avec deux enfants fait partie des plus faibles.”
    “S’il vous plaît, évitez ça, lui ont demandé plusieurs interlocutrices. Battez-vous. On compte sur vous.” De quoi lui donner du baume au coeur.

    Patrick Roger
    Article paru dans l’édition du 25.10.08

  9. Thierry Delamare a dit,

    Lu dans la presse
    “François Bayrou renvoie dos à dos le capitalisme et le socialisme” Patrick Roger Le journal Le monde. Article paru dans l’édition du 28.10.08

    C’est Marielle de Sarnez, vice-présidente du Mouvement démocrate (MoDem), qui a exhumé la proposition du candidat Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de “faire de chaque Français le propriétaire de son logement”. “Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d’Europe”, regrettait-il alors, plaidant pour “changer les règles prudentielles imposées aux banques et développer le crédit hypothécaire” sur le modèle américain. “Si le recours à l’hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l’emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué”, ajoutait-il.
    François Bayrou ne pouvait trouver meilleure illustration du peu de crédit que lui-même accorde aux déclarations récentes de M. Sarkozy appelant à “refonder le capitalisme”. Devant la première conférence nationale du MoDem, qui a réuni près de 2 000 personnes, dimanche 26 octobre à Paris, il a une nouvelle fois durement critiqué les choix du chef de l’Etat. Face à une crise “d’ampleur séculaire”, M. Bayrou s’est dit “fier” d’avoir fait “de cette question du modèle américain un point de séparation et de confrontation avec Nicolas Sarkozy”. “C’est ce modèle que l’on voulait nous imposer en France et c’est cela que nous avons eu bien raison de refuser”, a-t-il insisté.
    Moquant la “conversion socialiste” de M. Sarkozy – “ce qui doit bien faire rigoler du côté du Fouquet’s” -, le président du MoDem s’est attaché à démontrer que les actes politiques de son gouvernement vont à rebours de ses discours. S’il se réserve “la liberté d’approuver ce qui va dans le bon sens”, le député des Pyrénées-Atlantiques n’entend pas s’écarter du sillon qu’il laboure inlassablement depuis l’élection présidentielle : celui de l’opposant numéro un à la politique de M. Sarkozy.
    Ainsi a-t-il balayé sans ménagement “la tentative un peu burlesque de redorer le blason du capitalisme”. “Il n’y a pas beaucoup de chances que ça marche”, a jugé M. Bayrou. “Je regrette d’avoir à le dire à l’actuel président de la République, a-t-il poursuivi, mais l’adhésion au capitalisme comme modèle de société est à peu près le contraire de ce que nous pensons, de ce que nous voulons, de ce que nous espérons.”
    L’ancien candidat à l’élection présidentielle, qui dit “ne pas croire plus à la refondation du capitalisme qu’à celle du socialisme”, veut s’efforcer de faire émerger “un projet humaniste”. Il entend repousser ce qui, à ses yeux, ressort d’”un modèle de société inégalitaire et consumériste”. “Le bouclier fiscal et la loi TEPA, ce n’est pas autre chose que cela”, a-t-il réaffirmé. S’emportant contre la volonté de “tout livrer à l’univers marchand”, il s’est élevé contre l’extension du travail du dimanche, s’est dit en désaccord avec la privatisation de La Poste, s’est inquiété d’une réforme du lycée qui le ferait entrer dans la “culture du zapping” et a vivement dénoncé la prochaine réforme de l’audiovisuel public.
    Un ton et un discours qui ne déparaient pas dans cette salle de la Mutualité où les ténors de la gauche, de toutes les gauches, ont connu leurs heures de gloire. Le président du MoDem s’efforce, précisément, de profiter d’une période où la gauche apparaît atone – à l’exception de son aile radicale conduite par Olivier Besancenot -, ou accaparée par ses querelles intestines, pour marquer des points dans cet électorat.

  10. Sylvie Robin a dit,

    Article paru sur le site « contreinfo.info » le 04 novembre 2008

    « Tout se passe comme si la crise économique était le moment rêvé pour procéder aux mauvais coups contre les libertés publiques pendant que les braves citoyens sont tout occupés à se préoccuper des cours de bourse sur lesquels ils ne peuvent rien, » écrit Corinne Lepage, qui appelle à « sortir de l’anesthésie démocratique dans laquelle nous sommes plongés. »

    Tribune : Mauvais coups contre les libertés publiques, par Corinne Lepage
    Par Corinne Lepage, Cap 21, 4 novembre 2008

    Le proverbe dit : le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. La crise nous conduit à une situation contraire où l’imbécile regarde la lune pendant que le sage montre le doigt. En effet, tout se passe comme si la crise économique était le moment rêvé pour procéder aux mauvais coups contre les libertés publiques pendant que les braves citoyens sont tout occupés à se préoccuper des cours de bourse sur lesquels ils ne peuvent rien.
    De nombreux exemples fondent cette crainte à commencer par l’extension du champ d’application du secret défense alors que depuis des années le débat public portait sur sa restriction et son encadrement plus strict. Le scandale d’Etat que constitue l’affaire des frégates dans laquelle l’usage du secret défense a permis l’obstruction de la justice et un non lieu qui garantit ainsi l’immunité aux heureux bénéficiaires des rétro-commissions aura pour seule conséquence de faire voter un renforcement du secret ! En effet, la loi de programmation militaire interdit désormais les perquisitions permettant au juge d’instruction d’accéder aux documents classifiés, le président de la commission consultative du secret de la défense nationale posant les scellées sur tout document pour examen…avant d’envisager une hypothétique levée du secret défense. Ainsi, il suffira d’opposer le secret défense à toute affaire pouvant gêner le pouvoir ou un de ces amis pour s’affranchir de la justice. La France s’éloigne ainsi encore davantage du modèle des Etats luttant contre la corruption et pour la transparence à l’instar de l’Italie de Berlusconi.
    De la même manière , alors que le Conseil d’Etat vient de considérer qu’il n’y a pas d’urgence à suspendre le fichier Edvige au motif avancé par le Ministère de l’Intérieur que le décret ne serait pas appliqué, la réalité est que les données peuvent être collectées sur la base de ce fichier depuis plusieurs mois et pourront être archivées, c’est-à-dire consultables sans aucune garantie. Pourquoi prendre autant de temps pour l’annuler ?!
    Sans parler de CRISTINA, STIC et JUDEX, fichiers existants qui concernent , aux dires du rapport Bauer qui date de trois ans, 7,5 millions de personnes, ni du futur EDVIRSP dont la nécessité n’est toujours pas établie.
    Dans la même logique du contrôle des citoyens et de la liberté de nuire, il faut citer l’absence de la protection des lanceurs d’alerte et de la création d’une Autorité indépendante de l’expertise dans la loi d’orientation Grenelle 1. Ainsi, en toute quiétude, rétention d’information sur la toxicité de produits, études bidon et désinformation pourront prospérer alors que les lanceurs d’alerte pourront continuer, malgré les procès gagnés, à être poursuivis, licenciés ou privés de crédits de recherche.
    Il faut y ajouter la déconstruction programmée et la mise sous tutelle de l’audiovisuel public par la suppression de la publicité donc des ressources autonomes d’une part et par la nomination du Président de France Télévisions par le chef de l’exécutif d’autre part. La disparition volontaire d’une information publique indépendante porte la marque d’un régime de plus en plus autoritaire qui refuse de laisser à des citoyens responsables le soin de juger en connaissance de cause.
    Enfin, n’oublions pas dans cet inventaire à la Prévert le projet de loi visant à contrôler le piratage des œuvres sur Internet et à protéger les droits d’auteur, projet qui en l’état ne comporte absolument pas les garanties nécessaires pour le respect de la vie privée et porte atteinte aux libertés individuelles.
    Cette évolution de nos institutions, vers moins de libertés pour les citoyens et plus d’autorité et de pouvoir pour l’exécutif est bien entendu à l’opposé du discours dominant qui , au prétexte d’une nécessaire unité nationale, rend illégitime toute critique, dans quelque domaine que ce soit. Ainsi, canalisée sur la crise, l’opinion publique se trouve détournée des enjeux sur lesquels elle pourrait effectivement agir efficacement-la mobilisation anti-Edvige l’a prouvé- et donne une parfaite illustration de la technique de l’écrevisse qui plongée dans l’eau froide ne s’aperçoit pas qu’elle est entrain de bouillir lorsque la température de l’eau monte.
    Il est plus que temps de sortir de l’anesthésie démocratique dans laquelle nous sommes plongés pour refuser que la crise ne serve de prétexte à conduire des réformes qui entravent insidieusement les libertés individuelles, l’indépendance de la justice et des médias, rétablissent la censure et permettent de maintenir, voire de renforcer en réalité un système hypercapitaliste en pleine déconfiture.
    Corinne Lepage est présidente de CAP 21 et ancien ministre de l’environnement.

  11. Thierry Delamare a dit,

    Lu dans la presse

    L’homme qu’il faut, par Eric Fottorino
    LE MONDE | 05.11.08 |

    D’abord il faut écrire ces mots en toutes lettres. Les lire lentement à haute voix pour mesurer l’ampleur de la nouvelle, sa charge d’histoire et d’émotion : le peuple américain vient d’élire à la Maison Blanche un homme à la peau noire. Quelle intelligence, quelle maestria, quel sang-froid aussi a-t-il fallu à Barack Obama pour enlever un scrutin qui, rappelons-le, était tout sauf acquis, si l’on se reporte moins d’un an en arrière. Combien d’écueils évités, de pesanteurs et de préjugés vaincus, avant de donner par sa victoire un puissant signal d’optimisme à l’Amérique et au reste du monde. Obama a fait coïncider l’espoir avec le noir. Sans que jamais, et ce fut sa virtuosité, il apparaisse comme le candidat d’une communauté.


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