CHANGEMENT CLIMATIQUE:l’inquiétude n’a jamais été aussi élevée
Une étude de GlobeScan révèle que deux tiers des sondés considèrent ce phénomène comme un “très sérieux” problème. Les Français font partie des plus soucieux, au contraire des Américains. Voici une étude qui peut réchauffer les partisans les plus optimistes du sommet de Copenhague. Un sondage*, mené dans 23 pays par l’institut GlobeScan pour BBC World, révèle que l’inquiétude mondiale concernant les changements climatiques n’a jamais été aussi élevée depuis que cette étude est réalisée, en 1998. Près des deux tiers de la population sondée affirment que le changement climatique est un “très sérieux” problème. A quelques jours de son ouverture – le 7 décembre -, cette étude aborde également, bien évidemment, le sommet de Copenhague. Et, là encore, si l’on en croit cette étude, il y a une forte volonté en faveur de la prise de décisions ambitieuses des États. En effet, en moyenne, 44% des sondés réclament que leurs gouvernements jouent un rôle leader, en prenant d’importantes décisions en matière de changement climatique, dans la capitale danoise. Mais ce taux dissimule d’importantes divergences, la majorité étant atteinte dans 10 des 23 pays sondés. Les Britanniques arrivent en tête, avec 62% d’entre eux qui partagent cette opinion. Suivis des Français (57%) et des Allemands (55%). 75% des Français réclament des investissements écologiques De plus en plus de Français se découvrent une fibre écologique. En effet, après une étude de l’Ademe démontrant que deux tiers d’entre eux sont prêts à modifier leur mode de vie pour limiter l’effet de serre, ils sont 75% – contre 61% au niveau mondial – à estimer que le gouvernement devrait faire des investissement dans les transports en commun ou les énergies renouvelables, afin de diminuer les émissions de CO2 et lutter contre le changement climatique. Et ce, même au détriment de l’économie ! Les Allemands ne sont que 59% à partager cet avis, un taux qui tombe à 52% seulement aux États-Unis. Le sondage montre également que l’opinion publique des deux plus gros émetteurs de CO2 – Etats-Unis et Chine – est en retrait par rapport aux volontés européennes. En effet, près de la moitié des Chinois interrogés sur le sommet de Copenhague sont en faveur d’une approche modérée, impliquant seulement quelques actions graduées, contre 37% en faveur d’un rôle de meneur. Ils sont toutefois 89% à être favorables à des investissements gouvernementaux, en matière climatique. 14% des Américains contre tout accord Aux États-Unis, cette tendance est encore accentuée puisque 36% des Américains favorisent une approche modérée (contre 39% au niveau mondial). Surtout, c’est outre-Atlantique que l’on trouve le plus de réticence à l’égard d’un accord lors du sommet de Copenhague, puisque 14% des Américains sondés sont contre tout accord, devant le Brésil (12%) et le Pakistan (12%).
Ces résultats sont tirés d’un sondage Globescan effectué auprès de plus de 24.000 personnes dans 23 pays des 5 continents, entre le 19 juin et le 19 octobre 2009.
La menace écologique, une urgence pour la démocratie
A lire de toute urgence, Jean-Pierre Dupuy, « La menace écologique, un défi pour la démocratie », Revue du MAUSS permanente, 14 octobre 2009
La menace écologique en vue ne pèse pas uniquement sur la survie de l’humanité. Elle pèse également sur ses valeurs, puisqu’en l’absence de réactions à la hauteur de l’enjeu, il est probable que la démocratie disparaîtra tout bonnement de la surface du globe, la menace sur la survie se transformant en lutte des uns contre les autres pour survivre. Dans l’objectif d’éviter ce sombre avenir, Jean-Pierre Dupuy propose ici de revisiter quelques fausses idées à propos de l’écologie politique, afin de la défendre – puisque c’est elle qui porte sur la place publique les inquiétudes que les scientifiques nourrissent dans le secret de leurs laboratoires : l’écologie politique n’est ni un anti-humanisme, ni l’ennemie de la science, de la technique et de la démocratie libérale, ni simple responsabilité vis-à-vis des générations futures. Elle n’est pas non plus régression des démocraties dans l’univers sacré et ses apocalypses, poursuit l’auteur, tout en assurant qu’un catastrophisme apocalyptique (qui peut être d’inspiration religieuse, et qui doit être laïc) est plus que jamais nécessaire : sans lui, les démocraties ne prendront pas à bras le corps la question écologique, de sorte qu’elles seront balayées par les catastrophes et les crises à venir. Le pessimisme, parfois, peut éviter que l’irréparable ne soit commis…
Dimanche dernier, l’Espagne a battu un nouveau record dans la production d’électricité d’origine éolienne.
L’Espagne bat un nouveau record dans l’éolien
En effet, pendant quelques heures – entre 3h20 et 8h40 – la capacité éolienne en fonctionnement a oscillé entre 19 700 MW et 21 700 MW, fournissant 53% des besoins électriques du pays. Le précédent record vieux de quelques jours, était de 45,1%.
Pendant ces quelques heures et à cause de “très forts vents”, les éoliennes espagnoles ont produit plus de 11.500 MW, soit l’équivalent de près de 11 réacteurs nucléaires.
Le pays dispose d’une capacité de production en énergie éolienne pouvant atteindre 17.700 MW. C’est dix fois plus qu’il y a 10 ans. L’énergie éolienne a représenté en moyenne 13% de l’électricité consommée par les Espagnols depuis le début de l’année 2009.
Le gouvernement de José Luis Zapatero mise beaucoup sur les énergies renouvelables. Ce dernier a décidé de sortir progressivement son pays du nucléaire, en choisissant de ne pas renouveler à terme le parc existant.
L’ALLIANCE AVEC LES VERTS N’EST PLUS UN TABOU ! (Le figaro 05/10/2009)
À la lecture des premiers sondages, qui donnent au MoDem entre sept et huit points d’intentions de vote pour les régionales , le parti de François Bayrou devrait-il revoir, pour le premier tour, sa stratégie d’autonomie ?
Au moins vis-à-vis d’Europe Écologie ? Certains cadres «orange» commencent à se poser la question.
À commencer par Jean-Luc Bennahmias, vice-président du MoDem. «Sept ou huit points dans les sondages, cela ne nous élimine pas encore de la place publique, mais cela nous oblige à faire preuve de plus de pragmatisme», avoue sans détour cet ancien secrétaire national des Verts. Il l’assure, «ne fermons aucune porte et laissons-nous la possibilité d’envisager toutes les hypothèses, au moins jusqu’à la mi-décembre».
Le député européen n’est pas loin de briser un tabou au MoDem. Et estime que ce nouveau «pragmatisme» pourrait aller jusqu’à soutenir, par exemple en Ile-de-France, la secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot dès le premier tour. Outre l’«avertissement» des sondages, la législative partielle de Rambouillet, où la candidate écologiste est arrivée à cinq voix seulement derrière l’UMP au second tour, est aussi passée par là.
Pour «Ben», comme l’appellent ses amis, une telle alliance «aurait de la gueule» et serait la preuve que «quand on se met en capacité de, on peut faire bouger les lignes». L’Ile-de-France deviendrait ainsi, selon lui, «la vitrine d’un nouveau rapport de force» politique en France. « Électorat compatible » Son ami marseillais, Christophe Madrolle, délégué national du MoDem, n’est pas loin de penser la même chose. Également issu des rangs écologistes, il juge, qu’«aujourd’hui, entre le MoDem et Europe Écologie, une bonne part de l’électorat et du projet sont compatibles». Surtout, croit-il savoir : «Nous l’avons bien vu à Rambouillet, lorsqu’il y a une dynamique entre le MoDem et Europe Écologie, l’électorat centre droit nous rejoint au second tour. Soit une réserve de voix dont les alliages PS-PCF ne disposent pas !»
Vice-présidente du MoDem et présidente du petit parti associé Cap 21, Corinne Lepage est également sur cette ligne. Il y a une dizaine de jours, l’eurodéputée n’a pas hésité à s’afficher aux côtés des frères Cohn-Bendit, qui organisaient à Paris une journée de l’association des Amis d’Europe Écologie. L’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2002 reconnaît que, «s’il n’y a pas de négociations officielles de partis à partis, des contacts locaux entre militants de Cap 21 et ceux d’Europe Écologie existent !». Le plus souvent sans ceux du MoDem. Ainsi des militants de Cap 21 ont eu des «contacts directs» avec les écologistes en Languedoc-Roussillon, en Bretagne, en Haute-Normandie, en Seine-Maritime.,ou encore dans les Pays de la Loire. D’autres militants de Cap 21, cette fois «mieux intégrés» au MoDem, en ont eu avec les écolos en Picardie.
Certes, officiellement, la direction du MoDem et celle d’Europe Écologie sont pour l’autonomie de leurs partis respectifs au premier tour. Mais, comme le reconnaît Bernard Lehideux, un proche de François Bayrou, «sur le terrain, tout le monde parle avec tout le monde, c’est normal. Maintenant, même si je pense qu’il ne faut rien nous interdire, il n’y a pas le feu. Ce n’est donc pas la peine de nous précipiter». Même analyse chez les Verts. «Nous ne sommes pas pour un accord de partis au premier tour, affirme Jean-Marc Brûlé, secrétaire national aux élections. Pour nous, les organisations politiques ont vocation à se dépasser. Maintenant, localement, nos militants se connaissent, parfois pour des combats communs. Il est donc logique qu’ils parlent ensemble. Peut-être passons-nous aujourd’hui comme moins sectaires…»
LA FRANCE SAISIT D UNE FRENESIE SECURITAIRE !!
Le sociologue Laurent Mucchielli s’alarme de la “frénésie sécuritaire” qui a saisi à ses yeux la France depuis le début des années 2000 et du recul des libertés qu’elle entraîne peu à peu. Il estime que le manque de recul d’une presse qui se laisse “dicter son agenda” par les politiques, le suivisme de la gauche “incapable de construire sa propre analyse” et la manipulation des statistiques contribuent à ce phénomène. “Il n’y a aucune pensée de fond, on est en permanence dans une sorte de raz-de-marée de l’immédiat et, du coup, ce qui tient lieu d’analyse, c’est l’indignation, voire le café du commerce”, déplore-t-il dans une interview à Reuters. Nicolas Sarkozy a demandé début septembre aux forces de l’ordre une “mobilisation totale pour la sécurité des Français”, jugeant que les chiffres de la délinquance depuis le printemps dernier “ne sont pas bons”, notamment sur les cambriolages. Dans plusieurs ouvrages, Laurent Mucchielli explique comment, amalgamant délinquances bénignes et plus graves ou en s’arrangeant avec les statistiques, gouvernants et prétendus experts nourrissent le sentiment d’insécurité. Visant la politique de Nicolas Sarkozy, qui a été ministre de l’Intérieur pendant près de quatre ans au total avant d’accéder à l’Elysée, le chercheur au CNRS note que les mêmes dirigeants qui tiennent “des discours très régaliens” poursuivent “le désengagement de l’Etat au niveau local”. EFFET BOULE DE NEIGE “La réduction du nombre des fonctionnaires touche la police et la gendarmerie autant que les autres. En outre, ils sont organisés d’une manière qui contribue à les éloigner du terrain et de la population”, explique-t-il. Il estime que le thème de la sécurité revient sur le devant de la scène en fonction d’un “calendrier politique bien choisi”, à l’image des élections européennes de juin dernier qui ont vu ressortir le thème des bandes et des violences à l’école. Il s’interroge également sur les raisons qui font qu’un banal faits divers (crime conjugal ou vol à main armée) se retrouve soudain à la “une” des médias nationaux, comme s’il s’agissait de “préparer le terrain” des réactions politiques. “Quelle est la part des consignes données par les rédacteurs en chef et comment fonctionne l’effet boule de neige ?”. Plus largement, le chercheur constate la disparition du débat politique de fond sur ces questions. “La gauche dit que le gouvernement exagère, mais elle ne produit pas fondamentalement une autre analyse de la situation. Comme tout le monde semble partager la même analyse, ça donne une sorte de surenchère sans réel débat”, avance-t-il. Laurent Mucchielli note que la gauche a elle-même validé l’idée selon laquelle l’ex-Premier ministre Lionel Jospin aurait perdu la présidentielle de 2002 parce qu’il aurait été naïf en matière de sécurité. Or, c’est l’argument de la droite. “Ce dont la droite l’accuse, la gauche l’a repris à son compte. Elle n’est même pas capable de construire sa propre analyse de son échec, elle reprend celle de son adversaire.” PAS DE MÉMOIRE Autre constat du sociologue: non seulement il n’y a pas de débat contradictoire, mais il n’y a pas de mémoire. “On fonctionne sur le temps immédiat du journaliste, un horizon de 24 heures que le pouvoir politique a bien compris et qu’il instrumentalise en essayant de fixer l’agenda”, dit-il. Laurent Mucchielli cite le cas de journalistes s’étonnant devant des “violences nouvelles” sans se rendre compte qu’ils ont écrit à peu près la même chose quelques années auparavant, alors qu’ils auraient pu le vérifier “d’un simple clic dans la rubrique archives de leur journal”. Selon lui, la presse n’a plus aucune capacité d’enquête et dépend d’un côté des agences de presse et de l’autre des politiques “qui savent très bien communiquer et fournir des dossiers de presse clef en mains”. Parallèlement, il note une progression de “l’idéologie de la tolérance zéro”, qui fait qu’on va à chaque fois “un peu plus loin dans les mesures sécuritaires” en empilant les lois. “Cette tolérance zéro ne peut pas ne pas influencer les mentalités des gens et leur faire accepter de plus en plus de concessions par rapport aux libertés publiques”, dit-il. Les gardes à vue ont ainsi augmenté de 72% entre 2001 et 2008 alors même que le gouvernement dit que la délinquance baisse, souligne le chercheur.
Augmentation des tarifs : les nouveaux mensonges d’EDF
La dernière augmentation des tarifs d’EDF est tout simplement contraire aux engagements du contrat de service public d’EDF qui prévoient que les tarifs n’augmentent pas plus que l’inflation. En outre, la hausse des tarifs devrait être plus élevée sur les petits clients au bénéfice symétrique des plus gros clients. Comme d’habitude, notre électricien national et son actionnaire étatique profitent de la torpeur estivale pour nous concocter une hausse tarifaire. La hausse qui nous est annoncée serait « modérée », 1,9%, et représenterait « pour un habitation de 100m2 […] entre 0,5 et 1,5 € TTC par mois en moyenne ». Mais derrière cette « moyenne », se cachent de fortes disparités. Ainsi, le plus petit abonnement (dit « 3 kVA » ou « petites fournitures ») augmente de 170% ! Certes, en contrepartie, les prix du kWh vont baisser mais ceci ne compensera pas cela, pour la plupart de ces petits clients. Symétriquement, certains gros clients (au chauffage électrique notamment) verront leurs prix baisser. Mais il y a plus fort : les tarifs qui incitent les clients à s’effacer au moment de la pointe (tarifs dits EJP ou Tempo, d’apparition plus récente) sont rendus nettement moins attractifs : certaines factures à consommation identique vont augmenter de plus de 20% . Au moment où EDF investit dans la construction dans les moyens de pointe et où –certes en partie à tort-, la société Voltalis met en cause EDF sur cette même question, il est surprenant qu’EDF décide de « tuer » les tarifs qui incitent les clients à s’effacer pendant la pointe. Bien sûr EDF nous dira que tout cela est du aux évolutions du TURPE . Mais le plus scandaleux est que cette hausse est tout simplement contraire au contrat de service public signé en octobre 2005 entre EDF et l’Etat et dont M. Gadonneix se gargarisait encore naguère : les tarifs d’EDF ne devaient pas augmenter plus que l’inflation. Or une augmentation « modérée » de 1,9% est quand même supérieure de 2,6% à l’inflation (les prix ont baissé de 0,7% depuis juillet 2008). La vérité est qu’EDF va mal, et que M. Gadonneix a fait des investissements hasardeux et coûteux à l’étranger (British Energy, Constellation). Des milliards d’euros ont été ainsi volatilisés, il faut donc maintenant ponctionner les clients français pour payer les achats à l’étranger (qui ont, entre autres, été bénéfiques aux contribuables britanniques). On peut comprendre que M. Gadoneix, dont la rémunération a augmenté de 122% en 3 ans, puisse trouver « modérée » une augmentation de 1,9% des tarifs de l’électricité (d’autant qu’il bénéficie pour ce qui le concerne du tarif « Agent »). On ne peut accepter que le gouvernement décide de ne pas appliquer le contrat de service public qu’il a signé en grande pompes et qu’il accepte une hausse qui lui est directement contraire.
APRES L’ECHEC EUROPEEN, LE MODEM CHERCHE UN NOUVEAU SOUFFLE :
PARIS, 4 juillet (Reuters) – Un mois après son mauvais score aux élections européennes, l’heure était à l’autocritique et à la reconstruction pour le Mouvement démocrate de François Bayrou, réuni samedi en Conseil national à Paris.
La réunion à huis clos du “Parlement” du parti centriste, qui a duré plus de trois heures en présence d’environ 240 participants a débouché sur quelques décisions d’organisation.
Les reproches ont fusé après les 8,4% (soit six élus) obtenus le 7 juin par le parti centriste, loin des 12% rassemblés aux dernières européennes et des 18,6% récoltés par François Bayrou au premier tour de la présidentielle en 2007.
Francois a été accusé d’avoir choisi une stratégie trop personnelle, voire de s’être trompé de campagne en multipliant les piques contre le président Nicolas Sarkozy.
Face à la demande de “collégialité” réclamée par des cadres de son parti, qui se sont notamment exprimés dans une lettre ouverte, François Bayrou a annoncé samedi la nomination prochaine d’une dizaine de secrétaires nationaux qui feront office de porte-parole dans leur domaine respectif (économie, société, agriculture, etc).
Un congrès du parti, d’une durée de trois ou quatre jours, aura lieu à l’automne.
“Depuis la création du MoDem, il y a 18 mois, on n’a pas pris le temps d’aller au fond et d’arrêter des positions sur les grands dossiers”, a déclaré à Reuters l’ancien député européen Bernard Lehideux, qui a assisté au Conseil national.
PRÉPARATION DES RÉGIONALES
Un “débat stratégique” s’impose selon lui avant la préparation des élections régionales du printemps 2010, pour lesquelles la désignation des candidats du MoDem “se fera au plus près du terrain”.
La plupart des “ténors” du Mouvement démocrate étaient présents samedi rue de l’Université : les députés européens Marielle de Sarnez, Corinne Lepage et Jean-Luc Bennahmias, le journaliste Jean-François Kahn, la sénatrice Jacqueline Gourault, l’ancien ministre Didier Bariani, notamment.
Les débats ont été “francs et directs”, selon Bernard Lehideux, qui dit avoir trouvé François Bayrou “à la fois lucide sur les erreurs commises et très attentif”.
“Personne ne s’est limité dans ses interventions mais je n’ai pas entendu de la part de qui que ce soit une remise en cause de la direction du parti”, a-t-il souligné.
Dans les médias ces derniers jours, Corinne Lepage a beaucoup parlé “collégialité“, estimant qu’un “mouvement politique ne peut pas être un homme seul”. L’ancienne ministre de l’Environnement plaide pour un rapprochement avec le mouvement Europe-Ecologie de Daniel Cohn-Bendit, qui a rassemblé plus de 16% des voix aux européennes.
Dans un entretien au Figaro de samedi, Didier Bariani suggère que François Bayrou “remettre en cause sa stratégie politique et qu’il fasse son autocritique”.
Ce centriste “historique” appelle à un “déverrouillage du parti”, prenant pour cible Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou.
“Marielle de Sarnez doit passer la main et renoncer à l’entreprise psychologique, personnelle et politique qu’elle exerce sur l’ensemble de cette famille politique”, dit-il.
POUR LE PS, QUATRE DEFAITES ET UN ENTERREMENT
A trop oublier sa vocation, le parti est menacé de mort.
Les partis sont mortels, comme les civilisations, pour plagier Paul Valéry. Le Parti communiste a sombré corps et âme dans le rejet du totalitarisme. Le trotskisme tente de prolonger l’histoire, mais les peuples sont intelligents : l’échec de Lénine et de Staline ne fait pas la victoire de Trotski. C’est un trio à mettre dans le même sac. Le Parti radical survit tant bien que mal, réparti entre la gauche et la droite dans l’épuisement de son programme : il a donné le meilleur de lui-même à la République.
Sa mission est donc terminée. Il y a des réussites qui aboutissent à des disparitions. La Démocratie chrétienne, incarnée par le Mouvement républicain populaire, puis par les divers centres démocrates, s’éteint doucement au rythme de la désertion des églises et des séminaires. Le gaullisme s’éloigne dans l’esprit des Français. De Gaulle est venu deux fois en sauveur : pendant la seconde guerre mondiale pour résister puis libérer le pays ; pendant la guerre d’Algérie pour sortir la France de ce bourbier. Ce temps est lointain et relève de l’histoire au lycée.
Et s’il arrivait le même sort au socialisme démocratique ? Il est né au XIXe siècle, qui lui a donné une figure emblématique : Jean Jaurès. Les Français lui ont accordé cinq victoires politiques : 1936, 1956, 1981, 1988, 1997. Depuis, plus rien, sauf les succès locaux. Pourquoi ?
L’échec historique du communisme a cru signifier le grand succès du socialisme. La crise actuelle du capitalisme devait signer le grand retour de la social démocratie.
Il n’en est rien : ni dans un cas ni dans l’autre. Les Français considèrent-ils que le socialisme démocratique leur a apporté tout ce qu’il pouvait donner ? Il a réduit le temps de travail, donné des congés payés, abaissé l’âge de départ à la retraite. Toutes choses acquises aujourd’hui et plutôt à défendre qu’à accentuer. Il a étendu les libertés, aboli la peine de mort, obligé la parité. Sur ce terrain, qu’attend-on de plus ? Les socialistes seraient-ils alors comme les radicaux : au bout de leur rouleau ? !
Les Français considèrent-ils que le socialisme démocratique est inadapté à la nouvelle configuration du monde ? Finalement, il ne serait ni utile ni efficace dans le cadre de la mondialisation, peu lisible dans ses initiatives européennes. Les socialistes seraient donc aussi comme les communistes : arrivés à terme !
L’histoire récente du parti plaide pour une issue pessimiste : éliminé du second tour de l’élection présidentielle en 2002, profondément divisé sur l’Europe en 2004 et 2005, éloigné par sa candidate à l’élection présidentielle en 2007, qui vivait son parti comme un handicap dans sa campagne, écartelé dans un congrès de Reims qui se conclut par un échec et une désignation contestée de sa première secrétaire, malmené par ses courants au point d’en faire le maître d’oeuvre de ses listes pour le Parlement européen, défait aux élections européennes du 7 juin, quel Français peut lui faire confiance et lui confier les destinées de son pays ? C’est normal qu’il y regarde à deux fois.
Quelqu’un a bien compris cette situation, et attend que le fruit soit suffisamment mûr pour le cueillir : François Bayrou. Ne le croyons pas encore éliminé pour 2012 après son dernier insuccès. Si le Parti socialiste n’incarne pas ou incarne mal l’aspiration sociale-démocrate rénovée des Français, le MoDem peut servir de parti d’accueil pour une présidentielle, comme les écologistes pour les européennes. Après tout, François Bayrou s’inspire de grands précédents : JeanJaurès, Léon Blum et François Mitterrand n’ont pas rencontré le socialisme dans leur berceau. Ils l’ont rejoint, ils l’ont rencontré, ils l’ont conquis. Le président du MoDem cherche à les imiter. Il faut donc accepter dès maintenant de l’interpeller sur sa propre stratégie et accepter de vérifier points d’accord et de désaccord.
Car François Bayrou est un chef national sans troupes locales. Le PS a des troupes locales à travers son réseau d’élus, il n’a pas de chef national reconnu et crédible. La gauche rassemblée doit elle aussi comprendre cette nécessité si elle espère l’alternance en 2012.
Que peut apporter le socialisme démocratique à la société ? Son rendez-vous avec le peuple sera 2012. La crise sera-t-elle terminée ? Qui peut le prédire ? Ce qui est sûr, c’est une France endettée comme jamais, des déficits publics sans doute abyssaux, un commerce extérieur peu florissant, un chômage toujours haut.
Le socialisme démocratique ne pourra se montrer distributeur comme si tout allait bien. S’il se met à épouser toutes les protestations et à accompagner toutes les revendications, il n’aura aucune crédibilité. Les Français ne sont pas stupides. Chacun a compris qu’il faut changer mode de vie et mode de consommation.
La mission des sociaux-démocrates est de participer à ce changement en l’accompagnant de la réduction des inégalités. C’est cette nouvelle façon de vivre qu’il nous revient de définir.
Le PS doit donc se donner cet objectif : réduire ces inégalités entre les Français, qu’elles soient de revenus ou de patrimoine, issues du travail ou du capital.
C’est un effort qui demandera du courage pour celui ou celle qui portera les couleurs de ce socialisme-là, et de la cohérence dans ses propositions. Cela supposera de s’atteler à la question fiscale pour lui redonner plus de justice. Il ne faudra pas craindre de revoir l’impôt sur les successions, car si un patrimoine prend de la valeur par la seule mécanique du marché et non du travail, il n’est pas anormal que la société s’en trouve bénéficiaire. Il faudra oser dire qu’à part les allocataires des minima sociaux tout le monde doit payer des impôts sur le revenu. Il y va du contrat civique entre les Français. Dans ce cas, les niches fiscales doivent être traquées, les stock-options taxées… L’appât du gain ne peut pas être le seul moteur de la vie, et il y a forcément des limites aux rémunérations des dirigeants. Le travail doit être récompensé, le mérite reconnu, la rente combattue, l’excès d’argent condamné.
Le socialisme démocratique évolue dans la tension entre la liberté et l’égalité. Cette dernière est mise à mal depuis plusieurs années. Si les socialistes ne réduisent pas les inégalités, à quoi servent-ils ? Il ne manque pas de citoyens compétents et intelligents pour diriger le pays en dehors du Parti socialiste. Si un parti, comme structure d’organisation, ne répond pas à ce pour quoi il est fait, il peut mourir, au moins s’étioler, agoniser lentement. Au PS de s’en inquiéter.
Lui-même peut disparaître même si le socialisme démocratique restera toujours une aspiration de millions de Français.
Bernard Poignant
LE MESSAGE D’UNE GRANDE DAME « ANNE LAPERROUSE «
“voici le message d’Anne Laperrouse posté sur son blog après sa non élection au Parlement Européen ”, j’ai été très touché pas ses propos qui témoignent d’une grande qualité d’âme et d’un engagement politique qui devrait servir d’exemple à tous nos femmes et hommes politiques ,
C’est pourquoi , je vous invite à lire ce message et lui manifester votre soutien . Merci
Lundi 8 juin – 20h00
“Le poste de TV restera fermé ce soir, trop dur de supporter les commentaires des journalistes et des politiques suite à notre déroute d’hier. J’ai passé toute la journée à recevoir des messages d’amitié et de sympathie pour ma non réélection au Parlement européen, cela ressemblait à des condoléances. Ils sont tous adorables, je leur ai répondu gentiment, mais d’ici quelques jours la vie reprendra son cours, les élus d’aujourd’hui deviendront les vedettes de demain pendant que je réfléchirai à ce que je vais faire, « à tout ce temps que sera ma vie » et celle de ma famille. J’ai tenu bon toute la journée, sensible à ces marques d’attention. Mais ce soir, je viens de craquer : un fonctionnaire de l’ADLE a pris le temps de me joindre sur mon portable pour me dire, au nom aussi de ses collègues, comme ils étaient attristés de ce résultat, parce que selon eux, j’étais la meilleure au Parlement. C’était le message de trop… Pourtant, je croyais m’être préparée à une telle issue, depuis que François Bayrou m’a informée qu’il avait choisi Robert Rochefort comme tête de liste : « Tu comprends, tu as une toute petite notoriété, et Robert Rochefort a pour lui l’expérience des médias nationaux, c’est le directeur du Credoc, un type bien, vous allez faire une belle équipe !.. ». Mais à quoi cela sert d’être la meilleure si votre chef de parti ne le sait pas ou tout simplement s’en moque ?
Je ne suis pas entrée en politique pour être une politicienne. Je me suis engagée car j’ai été élevée avec le devoir d’aimer et d’aider mon prochain. Et j’ai atteint le zénith avec ce mandat, je crois que c’est le plus beau des mandats, j’ai eu le sentiment de participer à une si belle construction ! Oui, j’étais une privilégiée, je l’ai compris dès l’instant où je suis rentrée dans l’hémicycle à Strasbourg, tous ces peuples réunis pour la paix, pour édifier ensemble l’avenir des jeunes générations, pour répondre à ces enjeux mondiaux que sont la construction d’une nouvelle économie, la préservation de notre environnement, et surtout la cohésion sociale de l’Humanité,leVivreEnsemble !
Mais fille du peuple, j’ai vite compris que n’appartenant ni à l’establishment parisien, n’étant ni la protégée à alimenter ou à (re)caser, ni l’apparatchik d’un parti, encore moins un ancien ministre, star nationale ou présentatrice du journal télévisé, mes jours seraient comptés…
Alors, représentant le peuple, je me suis donnée à fond dans mon nouveau job ! Grâce à ma formation d’ingénieur et mon expérience industrielle, je suis vite rentrée dans les dossiers (on dit rapports au Parlement). En cours de mandat, j’ai pris du grade en devenant vice présidente de la Commission Industrie Recherche Energie ; pour cela, je ne doute pas de la complicité des fonctionnaires du Parlement, qui, tel le majordome dans « Pretty Woman », m’indiquaient les usages en Commission parlementaire, et se réjouissaient de mes progrès !
Au Parlement européen personne ne vous demande d’où vous venez, il suffit de bosser, de pratiquer l’art de la diplomatie, et vous êtes reconnu ! Un concept qui devient rare de nos jours ! Merveilleux, non ?
Adieu donc, les rapports, les négociations en « eurobritish » avec la Commission et le Conseil, les interventions dans l’hémicycle, le forum européen de l’énergie, le forum européen de l’eau, l’ADLE, la délégation Chine, l’intergroupe vins,…Adieu les réponses aux sollicitations de la grande région Sud Ouest… Adieu à tous ceux qui m’ont sollicitée pour faire aimer le Parlement européen ! Adieu mes assistants Sylvain et Elodie, Amélie, Gérard et Alain, Adieu Nicola et Giedre, Tamara et Roger et tous les autres, Luis, Angelika, Alejo, Cristina, Vittorio, Lena, Chris, Elunet,Giles,Pilar,Reino,Patrizia,SarunasFiona,Jerzy…
Après la vie que j’ai menée, hyperactive depuis 5 ans, décalage hebdomadaire entre la Mairie et le Parlement, Puylaurens et l’Europe, c’est vrai que l’atterrissage est douloureux.
Fille du peuple, je reviens me ressourcer auprès des miens !
Cette aventure que je viens de vivre, personne ne peut me la prendre… Si je deviens vieille, je radoterai certainement en racontant à mes petits enfants : « Je t’ai déjà parlé de mon voyage au Groenland quand il y avait la glace »?, ou bien « Tu pars demain sur la Lune, tu te rends compte, moi, j’avais été invitée pour assister au lancement d’Ariane… ».
La vie continue, avec ses joies, ses peines, ses déceptions, ses espoirs, … On m’a déjà dit : « vous n’avez pas choisi la voie la plus facile ». C’est vrai, le chemin est long, la voie est étroite, semée d’embûches…Mais la vie est belle et comme à chaque fois, je sais que je retrouverai l’énergie nécessaire pour une autre cause à défendre !
A ceux qui ont permis cette aventure, A ceux qui m’ont accompagnée jusqu’au de cette aventure , et à Jean-Patrick, Francois et jeanne qui ont souffert de cette aventure,
Je veux dire un grand merci !
Des économistes jugent que les réformes de Sarkozy ont échoué :
|
Les réformes économiques et sociales de Nicolas Sarkozy ont échoué et placeront la France d’après-crise dans une position pire qu’auparavant, estiment les économistes Pierre Cahuc et André Zylberberg.
L’incapacité de l’exécutif à moderniser le marché du travail, la démocratie sociale ou les institutions se traduit par une perte de compétitivité de la France et un creusement de ses déficits, expliquent-ils dans un entretien à Reuters. “C’est raté. Les réformes dans le domaine économique et social sont ratées”, juge André Zylberberg, directeur de recherches au CNRS et membre du Centre d’économie de la Sorbonne et de l’Ecole d’économie de Paris. Des régimes spéciaux de retraite au Revenu de solidarité active, en passant par la représentativité des syndicats, la ‘flex-sécurité’ ou la grande distribution, chaque réforme a été une occasion manquée, compliquant la réglementation au lieu de la simplifier et augmentant les coûts au lieu de les réduire, estiment les deux économistes qui publient “Les Réformes ratées du président Sarkozy” mercredi chez Flammarion. En cause, le recul d’un pouvoir trop pressé d’afficher des succès devant ceux dont les intérêts étaient menacés. “Ce qu’il en ressort, c’est que les soi-disant réformes sont purement des affichages de réformes et que sur le fond, on a régressé”, ajoute André Zylberberg. Alors que le gouvernement répète qu’elles ont permis à l’économie française de résister et que leur poursuite permettra de “sortir plus fort” de la crise, aucun des points faibles de la France n’a été corrigé, déclarent ces économistes. QUALITÉ DE LA DÉMOCRATIE “A la sortie de cette récession, on sera toujours dans un environnement qui ne permettra pas de dégager une efficacité économique comparable à celle des pays vertueux” comme ceux du Nord de l’Europe, estime Pierre Cahuc. “On aura un taux d’emploi des seniors très faible, les mêmes difficultés pour les personnes en recherche d’emploi, une structure de prélèvements obligatoires problématique, un appareil de démocratie sociale qui fonctionne mal, idem pour la démocratie politique”, ajoute ce professeur à Polytechnique, chercheur au Centre de recherche en économie et statistique (Crest) et membre du Conseil d’analyse économique. La grande erreur de Nicolas Sarkozy, expliquent-ils, est de ne pas avoir fait en sorte que les syndicats représentent vraiment les salariés et de ne pas avoir renforcé le Parlement en lui donnant des moyens supplémentaires et en interdisant le cumul des mandats qui parasite son fonctionnement. “Quand on regarde les pays qui ont réussi à mettre en oeuvre des réformes profondes, structurelles, on s’aperçoit que ce qui compte, c’est la qualité des institutions, la qualité de la démocratie sociale et politique”, explique André Zylberberg. Or, dit-il, “dans les classements internationaux, par rapport aux grandes démocraties, la France est toujours très loin derrière, autour de la trentième place”. Pour le taux de syndicalisation, la France est dernière de l’OCDE avec 8%. Pressé d’afficher des succès, l’exécutif a accordé une grande place aux négociations entre partenaires sociaux. Si ces derniers parvenaient à un accord, il s’est engagé à le transposer dans la loi. Quitte à abandonner quelques objectifs initiaux des réformes. UN PROBLÈME DE CRÉDIBILITÉ “La méthode a consisté à saturer les différents adversaires ou partenaires, suivant les cas, sous une avalanche de réformes et, si jamais ça coinçait sur un point : céder”, poursuit André Zylberberg. “La réforme de la représentativité syndicale est loupée” et “la réforme de la démocratie politique avortée”. Selon Pierre Cahuc, “tous les groupes dont les intérêts étaient touchés par les réformes ont très vite compris que ces réformes n’étaient pas une si mauvaise nouvelle pour eux et peut-être même une très bonne nouvelle, ça permettait de renforcer les avantages”. En manifestant le 19 mars, après la mobilisation du 29 janvier, les syndicats montrent qu’ils ont compris le message. “Tant que les différents groupes pourront appliquer cette méthode, ils ne vont pas s’en priver”, dit André Zylberberg. La crise, ajoutent-ils, masquera l’échec des réformes mais ses conséquences seront là quand l’économie repartira. “Les pays qui ont de bonnes performances économiques ont mené des réformes importantes que Nicolas Sarkozy avait annoncées et qu’il n’a absolument pas menées. Il a même contribué à dégrader la situation. Donc on va ressortir plus mal que si monsieur Sarkozy ne s’était pas occupé de ces domaines”, ajoute Pierre Cahuc. Alors que la France veut contribuer à réformer le capitalisme, “on peut douter de sa capacité à le faire, on peut douter de sa crédibilité”, poursuit Pierre Cahuc. “Quand on voit la réussite qu’on a eue pour réformer en France, on peut avoir des doutes sur le fait d’espérer beaucoup plus des efforts de l’équipe de Nicolas Sarkozy pour réformer le capitalisme mondial.” |