Blog de BRUNO ASSERAY


SOMMET DE COPENHAGUE OU UN MUNICH CLIMATIQUE !

Publié dans Ecologie, International par brunoasseray le novembre 16, 2009

Comme l’a écrit Gillaume Malaurie, ce qui est sûr à quelques jours du Sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique , c’est que l’esprit de Kyoto est mort. Comme est mort l’esprit  d’un nouvel ordre mondial et d’une SDN arbitre des conflits dans les années vingt. Il n’y aura pas, sauf miracle,  à  Copenhague d’engagement mondial  contraignant sur la baisse de émissions de Gaz à effet de serre. Mais au mieux un compromis sur des voeux.  La contrainte, elle,  est remise à plus tard. Quand ? Comment ? On verra… Et comme dans l’entre deux Guerres, les États Unis, dont on attendait tant  et trop  en matière d’environnement avec l’arrivée de la nouvelle administration Obama, se sont mis  en stand by. En attente des votes, il est vrai fort incertains, du Congrès.

 Accord sur le diagnostic pas sur la thérapie

 Le paradoxe, c’est que tous les exécutifs de tous les grandes nations , sauf le Canada, sont aujourd’hui convaincus que le réchauffement n’est pas une lubie de climatologue. Et que le rôle des activités humaines est déterminant.  La Chine est convaincue  qui sait que la fonte des glaciers de l’Himalaya déstabilisera violemment son écosystème et que son régime des moussons est déjà largement perturbé qui lui fait courir le risque de sécheresses redoutables, les Etats-Unis le sont qui cherchent une solution à leur dépendance au « poison » charbon,  le Japon l’est de manière récente, les pays du Sud le sont qui seront sans doute les premiers à subir les conséquences …

 Le  diagnostic est donc partagé, mais sur la thérapie, chacun y va de sa réserve. De sa priorité, de sa croissance.de son territoire. de ses exigences vis à vis du voisin ou du concurrent.  Toutes sont plus ou moins légitimes. Mais pendant ce temps, les émissions de Gaz à effet continuent leur montée en puissance. Et d’ores et déjà, les mécanismes incontrôlables, dits rétroactifs, sont à l’œuvre sans qu’une baisse des émissions de CO2 dans les années à venir y fasse quoi que ce soit.

 Pendant ce temps, les glaciers fondent plus vite

 C’est l’effet cliquet redouté. Un seuil est atteint  et les lois de la nature s’autonomisent.   De ce point de vue, la  fonte des glaciers  arctiques et antarctiques qui s’accélère est emblématique. Les experts du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat)  avaient sous estimé  la tendance. Une tendance dont les conséquences sur le niveau de la mer  à la fin de ce siècle deviennent de plus en plus inquiétants   : + 30 centimètres ?  +  50 centimètres ?  + 80  centimètres ? + 1 mètre ? On est pas là dans la supposition. Mais sur le constat du toujours plus et de l’irréversible. La seule chose que l’on puisse faire c’est sortir son double décimètre.  Ce ne sont plus les îles du Pacifique qui jouent leur survie mais Londres qui risque  l’engorgement.

Il faut lire à ce sujet le livre du canadien Gwynne Dyer «  Alerte , Changement climatique : La menace de guerre. » . Laffont. Dyer ne parle  pas seulement de guerre des hommes avec leur climat  mais de guerres tout court suite aux réchauffement climatique. Ses sources ? Des rapports du Pentagone ou des militaires britanniques. Ça fait froid dans le dos. C’est alarmiste. C’est aussi tout bêtement alarmant. Comme le livre préfacé par le climatologue Jean Jouzel : ” Réfugiés climatiques” . Soit le passage en revue des 150 millions d’hommes et de femmes qui selon l’Onu vont quitter leur sols pour chercher asile ailleurs.

 Le mot esprit munichois  «  Bourreau , encore une minute, ça va sûrement  s’arranger  pour le moins pire » a pourtant ses adeptes. Ses pacifistes comme dans les années trente. Claude Allègre, invité  d’un  débat sur Public Sénat en fin de semaine dernière  fait partie de cette mouvance relativiste et rassurante. La montée des eaux ? «  Pas du tout, c’est le BanglaDesh qui s’affaisse » assure Claude Allègre. ” Les experts du Giec ?”  Des extrémistes ! Des spéculateurs idéologues et  anxiogènes !  Hulot ? Un va-t-en guerre idiot et irresponsable.  La solution ? Allègre, qui ne nie pas le réchauffement , ni l’excès de CO2, ni l’acidification des océans qui captent moins le carbone, l’a trouvée comme Maginot avait trouvé sa « ligne » : la captation et l’enfouissement  du CO2.  Tout le monde est d’accord que cette technologie comme un paquet d’autres doit être étudiée. Le message d’Allègre tient en un mot   : la technologie veille. On voudrait tant que Claude Allègre ait raison. Qu’il suffise de centrales nucléaires un peu partout et  que 300 millions de chinois roulent en voiture électrique  pour que tout soit sous contrôle.

 A la recherche des plans B

 Reste que c’est comme ça : l’esprit Kyoto d’un traité contraignant qui arrache des parts  de souveraineté aux grands Etats sur  l’intérêt général de la biosphère est mort.  Sans doute, n’était-il pas adapté au monde du marché. Pas assez réaliste sur la montée en force des puissances industrielles chinoise et indienne.  A la fois trop normatif pour les anglo-saxons et pas  passez incitatif pour les Etats Nations. Sur ce sujet , lire “Les Etats et le Carbone” de Patrick  Criqui, Benoit Faraco et Alain Grandjean  qui permet de bien comprendre les intentions et les bugs de Kyoto. (Puf)

 Il ne sert de rien de refaire l’Histoire. Il faudra bien  trouver des plans B et d’autres mécanismes de réduction des Gaz à effet de serre. L’idée qui prévaut aujourd’hui, ce sont des accords multilatéraux ou régionaux : ceux  sur lesquels pourraient s’engager Chinois et Américains lors de la visite de Barack Obama aujourd’hui à Pékin. Peut-être .

 Le “plan justice-Climat” de la France

 Ou encore l’accord qui vient  d’être conclu  samedi entre le Brésil et la France auquel pourraient  se rallier les Etats africains, l’Inde et le Bangladesh. Jean Louis Borloo qui sillonne discrètement  les Etats africains et du Sud est asiatique  depuis des semaines  en essayant d’appliquer la méthode du Grenelle de l’environnement à  la  géopolitique,  y croit.

 Son plan B :  “le Plan justice-Climat” évalué  à 450 milliards de dollars sur vingt ans pour la seule Afrique.  Une énergie du désespoir: ce week-end, les dirigeants des États membres du Forum de coopération Asie-Pacifique (APEC), qui comptent parmi les plus gros pollueurs de la planète, ont refusé de se fixer des objectifs contraignants avant le sommet sur le réchauffement.

 On verra  donc comment les efforts de dernière minute  de la France ou de Angela Merkel qui ira à Copenhague seront perçus lors des réunions  restreintes de la dernière chance  et à huis clos en début de semaine à Copenhague. Ou sur les cendres de Copenhague quelques jours après l’énoncé par les chefs d’Etat d’un texte général sans doute très comme il faut  sur la survie de la planète. Après Munich, Daladier avait trouvé les mots qui rassurent. Il avait été applaudi pour la qualité de sa  rhétorique cosmétique.  Ce qu’il pensait vraiment ? Lui-même l’a confié plus tard : ” Les cons, s’ils savaient ! “

 En tous cas, tout le monde va devoir réviser ses fondamentaux. Les ONG qui ont mis toutes leur billes dans la signature d’un nouveau  Kyoto à Copenhague et qui vont  se retrouver avec une sacré gueule de bois le 1° janvier 2010.  Ils devront faire aussi leurs comptes avec une représentation militante bien   plus dynamique en Europe qu’en Amérique du Nord et bien sûr qu’en Chine ou en Russie… Les pays industriels  seront également amenés à  trouver une solution – La taxe Tobin qui revient en grâce ?- au financement en technologie verte des pays émergents s’ils ne veulent pas  voir leurs efforts domestiques – voir la Taxe Carbone sur le kilométrage automobile que viennent d’adopter les Pays bas – annulés. La Chine aussi  ne pourra éternellement se prévaloir du statut de  pays en voie de développement alors qu’elle vient  de dépasser les Etats-Unis pour les émissions de CO2.

Outre les accords multilatéraux et régionaux, il faudra sans doute  mobiliser d’autres acteurs  qui étaient quasi absents au sommet de Kyoto :  à commencer par les industriels  dont beaucoup se jettent dans la bataille des Greentech aux Etats Unis, en Europe, mais aussi  en Chine qui est en train de ravir les premiers postes sur le photovoltaïque et sera ultra compétitive sur le secteur des voitures électriques.

 Le temps comme dans les années  trente joue contre nous. La réduction de 80% des émissions de CO2  pour 2050 ( on ne parle plus que de moins 50% dans les coulisses de Copenhague) se gagne ou se perd maintenant.   Ceux qui ne seraient toujours pas convaincus par l’injonction du  réchauffement savent pourtant que l’autre épée de Damoclès qui pendouille au dessous de nous tous, c’est l’épuisement des ressources fossiles.

 Personne ne le nie. Beaucoup de  grandes société pétrolières  l’évoquent pour demain aux alentours de 2015. L’Agence Mondiale de l’énergie le murmure.  Et chacun   sait que décarboner nos économies est la seule manière de contenir à la fois  le pire du réchauffement et  le pire de crise spéculative  sur les  hydrocarbures dés lors que le « peak oil » ( Le pic de production )  sera officiel.

Dimanche dernier, l’Espagne a battu un nouveau record dans la production d’électricité d’origine éolienne.

Publié dans Uncategorized par brunoasseray le novembre 10, 2009
L’Espagne bat un nouveau record dans l’éolien
(src : El Pais)

En effet, pendant quelques heures – entre 3h20 et 8h40 – la capacité éolienne en fonctionnement a oscillé entre 19 700 MW et 21 700 MW, fournissant 53% des besoins électriques du pays. Le précédent record vieux de quelques jours, était de 45,1%.

Pendant ces quelques heures et à cause de “très forts vents”, les éoliennes espagnoles ont produit plus de 11.500 MW, soit l’équivalent de près de 11 réacteurs nucléaires.

Le pays dispose d’une capacité de production en énergie éolienne pouvant atteindre 17.700 MW. C’est dix fois plus qu’il y a 10 ans. L’énergie éolienne a représenté en moyenne 13% de l’électricité consommée par les Espagnols depuis le début de l’année 2009.

Le gouvernement de José Luis Zapatero mise beaucoup sur les énergies renouvelables. Ce dernier a décidé de sortir progressivement son pays du nucléaire, en choisissant de ne pas renouveler à terme le parc existant.

L’ALLIANCE AVEC LES VERTS N’EST PLUS UN TABOU ! (Le figaro 05/10/2009)

Publié dans Uncategorized par brunoasseray le novembre 10, 2009

À  la lecture des premiers sondages, qui donnent au MoDem entre sept et huit points d’intentions de vote pour les régionales , le parti de François Bayrou devrait-il revoir, pour le premier tour, sa stratégie d’autonomie ?

Au moins vis-à-vis d’Europe Écologie ?  Certains cadres «orange» commencent à se poser la question. 

À commencer par Jean-Luc Bennahmias, vice-président du MoDem. «Sept ou huit points dans les sondages, cela ne nous élimine pas encore de la place publique, mais cela nous oblige à faire preuve de plus de pragmatisme», avoue sans détour cet ancien secrétaire national des Verts.  Il l’assure, «ne fermons aucune porte et laissons-nous la possibilité d’envisager toutes les hypothèses, au moins jusqu’à la mi-décembre».

Le député européen n’est pas loin de briser un tabou au MoDem. Et estime que ce nouveau «pragmatisme» pourrait aller jusqu’à soutenir, par exemple en Ile-de-France, la secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot dès le premier tour. Outre l’«avertissement» des sondages, la législative partielle de Rambouillet, où la candidate écologiste est arrivée à cinq voix seulement derrière l’UMP au second tour, est aussi passée par là.

Pour «Ben», comme l’appellent ses amis, une telle alliance «aurait de la gueule» et serait la preuve que «quand on se met en capacité de, on peut faire bouger les lignes». L’Ile-de-France deviendrait ainsi, selon lui, «la vitrine d’un nouveau rapport de force» politique en France. « Électorat compatible » Son ami marseillais, Christophe Madrolle, délégué national du MoDem, n’est pas loin de penser la même chose. Également issu des rangs écologistes, il juge, qu’«aujourd’hui, entre le MoDem et Europe Écologie, une bonne part de l’électorat et du projet sont compatibles». Surtout, croit-il savoir : «Nous l’avons bien vu à Rambouillet, lorsqu’il y a une dynamique entre le MoDem et Europe Écologie, l’électorat centre droit nous rejoint au second tour. Soit une réserve de voix dont les alliages PS-PCF ne disposent pas !»

Vice-présidente du MoDem et présidente du petit parti associé Cap 21, Corinne Lepage est également sur cette ligne. Il y a une dizaine de jours, l’eurodéputée n’a pas hésité à s’afficher aux côtés des frères Cohn-Bendit, qui organisaient à Paris une journée de l’association des Amis d’Europe Écologie. L’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2002 reconnaît que, «s’il n’y a pas de négociations officielles de partis à partis, des contacts locaux entre militants de Cap 21 et ceux d’Europe Écologie existent !». Le plus souvent sans ceux du MoDem. Ainsi des militants de Cap 21 ont eu des «contacts directs» avec les écologistes en Languedoc-Roussillon, en Bretagne, en Haute-Normandie, en Seine-Maritime.,ou encore dans les Pays de la Loire. D’autres militants de Cap 21, cette fois «mieux intégrés» au MoDem, en ont eu avec les écolos en Picardie.

 Certes, officiellement, la direction du MoDem et celle d’Europe Écologie sont pour l’autonomie de leurs partis respectifs au premier tour. Mais, comme le reconnaît Bernard Lehideux, un proche de François Bayrou, «sur le terrain, tout le monde parle avec tout le monde, c’est normal. Maintenant, même si je pense qu’il ne faut rien nous interdire, il n’y a pas le feu. Ce n’est donc pas la peine de nous précipiter». Même analyse chez les Verts. «Nous ne sommes pas pour un accord de partis au premier tour, affirme Jean-Marc Brûlé, secrétaire national aux élections. Pour nous, les organisations politiques ont vocation à se dépasser. Maintenant, localement, nos militants se connaissent, parfois pour des combats communs. Il est donc logique qu’ils parlent ensemble. Peut-être passons-nous aujourd’hui comme moins sectaires…»