« Considérer les progrès de la société à l’aune de la qualité de vie du plus démuni et du plus exclu est la dignité d’une nation fondée sur les droits de l’homme »
La démocratie représentative qui régit et anime notre vie politique constitue-t-elle l’achèvement du processus entamé il y à deux cents ans en France, ou au contraire doit-elle franchir une nouvelle étape et favoriser l’accès à une forme plus accomplie du vivre ensemble, en donnant une place plus large au citoyen dont l’avis serait pris en compte dans les décisions qui le concerne ?
C’est la question que se posent nombre d’intellectuels, d’élus locaux et de responsables politiques nationaux.
Le fonctionnement actuel de notre démocratie et des instances qui en émanent est-il organisé pour prendre en compte la parole des citoyens et plus particulièrement des plus pauvres ?
En dépit de quelques efforts sporadiques pour donner la parole aux citoyens, le plus souvent à titre individuel, la perception des réalités sociales qu’ils subissent échappe à beaucoup d’entre nous.
Ne sommes nous pas trop souvent amenés par manque de connaissance à faire l’amalgame entre une situation difficile et une identification péjorative ?
Comment dans une réelle démarche de démocratie participative écouter et prendre en compte la parole de ceux qui détiennent un véritable savoir d’expérience indispensable aux élus pour forger les outils de lutte contre l’exclusion ?
Comment favoriser l’accès des citoyens et notamment des plus pauvres aux lieux ou les décisions sont arrêtées en leur nom alors que le plus souvent ni leur avis ni leur expérience ne sont sollicités ?
L’existence sociale de chaque homme ou femme quelque soit son statut devrait impliquer dans une société solidaire que cette existence puisse être lisible par les autres, mais quelle lisibilité avons-nous de la vie de nos concitoyens les plus pauvres ?
Ce mois-ci dans son N°392 le mensuel du mouvement ATD Quart Monde : « Feuille de route », ouvre des pistes et donne des exemples dans les départements, les communes ou les élus se rodent à l’écoute de leurs concitoyens et sollicitent leur expérience.
Ces démarches ne remettent en cause ni la légitimité ni le pouvoir des représentants du peuple, principes de la démocratie représentative. Elles découlent cependant de la volonté d’avancer vers une démocratie plus achevée, basée sur un dialogue continu avec le citoyen. Elles tendent à le remettre au cœur des processus de décisions. Elles lui permettent de dire la vie et favorisent une réflexion collective sur une société plus juste ou « l’on fera d’abord avec avant de faire pour ».
CREATION DE L’APPELLATION AOC “COTES DE BORDEAUX”
L’Union des Côtes de Bordeaux a annoncé vendredi la naissance de l’appellation d’origine contrôlée Côtes de Bordeaux, qui remplacera dès le millésime 2008 les AOC Premières Côtes de Blaye, Premières Côtes de Bordeaux, Côtes de Castillon et Côtes de Francs.
Représentant “1/6e de la production bordelaise avec une surface totale de 14.000 hectares et un volume de 700.000 hectolitres”, cette nouvelle appellation constitue “une révolution dans l’organisation des appellations bordelaises”, estime l’Union dans un communiqué.
L’AOC Côtes de Bordeaux doit répondre à “la multiplicité des appellations” ainsi qu’au “manque de hiérarchisation (qui) favorisent une mauvaise reconnaissance des vins de Côtes, notamment à l’export”, poursuit le communiqué.
“Il s’agit de clarifier l’offre en segmentant la production, mais aussi et surtout gagner en lisibilité sur les marchés internationaux en s’appuyant sur le mot +Bordeaux+, une caution à l’export” alors que “les Côtes de Bordeaux n’exportent aujourd?hui que 10% de leur production”, selon l’Union.
La mention Côtes de Bordeaux, “qui entre en vigueur dès le millésime 2008, pourra cependant être accompagnée d’une dénomination communale pour les vins plus haut de gamme ayant des conditions de production plus restrictives”.
Enfin, le cahier des charges autorisera “la création de marques commerciales fortes en autorisant l’assemblage des vins des différentes Côtes pour l’appellation générique”.
Des économistes jugent que les réformes de Sarkozy ont échoué :
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Les réformes économiques et sociales de Nicolas Sarkozy ont échoué et placeront la France d’après-crise dans une position pire qu’auparavant, estiment les économistes Pierre Cahuc et André Zylberberg.
L’incapacité de l’exécutif à moderniser le marché du travail, la démocratie sociale ou les institutions se traduit par une perte de compétitivité de la France et un creusement de ses déficits, expliquent-ils dans un entretien à Reuters. “C’est raté. Les réformes dans le domaine économique et social sont ratées”, juge André Zylberberg, directeur de recherches au CNRS et membre du Centre d’économie de la Sorbonne et de l’Ecole d’économie de Paris. Des régimes spéciaux de retraite au Revenu de solidarité active, en passant par la représentativité des syndicats, la ‘flex-sécurité’ ou la grande distribution, chaque réforme a été une occasion manquée, compliquant la réglementation au lieu de la simplifier et augmentant les coûts au lieu de les réduire, estiment les deux économistes qui publient “Les Réformes ratées du président Sarkozy” mercredi chez Flammarion. En cause, le recul d’un pouvoir trop pressé d’afficher des succès devant ceux dont les intérêts étaient menacés. “Ce qu’il en ressort, c’est que les soi-disant réformes sont purement des affichages de réformes et que sur le fond, on a régressé”, ajoute André Zylberberg. Alors que le gouvernement répète qu’elles ont permis à l’économie française de résister et que leur poursuite permettra de “sortir plus fort” de la crise, aucun des points faibles de la France n’a été corrigé, déclarent ces économistes. QUALITÉ DE LA DÉMOCRATIE “A la sortie de cette récession, on sera toujours dans un environnement qui ne permettra pas de dégager une efficacité économique comparable à celle des pays vertueux” comme ceux du Nord de l’Europe, estime Pierre Cahuc. “On aura un taux d’emploi des seniors très faible, les mêmes difficultés pour les personnes en recherche d’emploi, une structure de prélèvements obligatoires problématique, un appareil de démocratie sociale qui fonctionne mal, idem pour la démocratie politique”, ajoute ce professeur à Polytechnique, chercheur au Centre de recherche en économie et statistique (Crest) et membre du Conseil d’analyse économique. La grande erreur de Nicolas Sarkozy, expliquent-ils, est de ne pas avoir fait en sorte que les syndicats représentent vraiment les salariés et de ne pas avoir renforcé le Parlement en lui donnant des moyens supplémentaires et en interdisant le cumul des mandats qui parasite son fonctionnement. “Quand on regarde les pays qui ont réussi à mettre en oeuvre des réformes profondes, structurelles, on s’aperçoit que ce qui compte, c’est la qualité des institutions, la qualité de la démocratie sociale et politique”, explique André Zylberberg. Or, dit-il, “dans les classements internationaux, par rapport aux grandes démocraties, la France est toujours très loin derrière, autour de la trentième place”. Pour le taux de syndicalisation, la France est dernière de l’OCDE avec 8%. Pressé d’afficher des succès, l’exécutif a accordé une grande place aux négociations entre partenaires sociaux. Si ces derniers parvenaient à un accord, il s’est engagé à le transposer dans la loi. Quitte à abandonner quelques objectifs initiaux des réformes. UN PROBLÈME DE CRÉDIBILITÉ “La méthode a consisté à saturer les différents adversaires ou partenaires, suivant les cas, sous une avalanche de réformes et, si jamais ça coinçait sur un point : céder”, poursuit André Zylberberg. “La réforme de la représentativité syndicale est loupée” et “la réforme de la démocratie politique avortée”. Selon Pierre Cahuc, “tous les groupes dont les intérêts étaient touchés par les réformes ont très vite compris que ces réformes n’étaient pas une si mauvaise nouvelle pour eux et peut-être même une très bonne nouvelle, ça permettait de renforcer les avantages”. En manifestant le 19 mars, après la mobilisation du 29 janvier, les syndicats montrent qu’ils ont compris le message. “Tant que les différents groupes pourront appliquer cette méthode, ils ne vont pas s’en priver”, dit André Zylberberg. La crise, ajoutent-ils, masquera l’échec des réformes mais ses conséquences seront là quand l’économie repartira. “Les pays qui ont de bonnes performances économiques ont mené des réformes importantes que Nicolas Sarkozy avait annoncées et qu’il n’a absolument pas menées. Il a même contribué à dégrader la situation. Donc on va ressortir plus mal que si monsieur Sarkozy ne s’était pas occupé de ces domaines”, ajoute Pierre Cahuc. Alors que la France veut contribuer à réformer le capitalisme, “on peut douter de sa capacité à le faire, on peut douter de sa crédibilité”, poursuit Pierre Cahuc. “Quand on voit la réussite qu’on a eue pour réformer en France, on peut avoir des doutes sur le fait d’espérer beaucoup plus des efforts de l’équipe de Nicolas Sarkozy pour réformer le capitalisme mondial.” |